
En publiant Unir, François Hollande ne se contente pas de défendre une vision politique. À quelques mois des grandes échéances de 2027, l’ancien président profite aussi de ses rencontres avec le public pour prendre la température et mesurer l’accueil que pourrait recevoir sa candidature.
François Hollande avance avec prudence, mais difficile de ne pas voir dans ses dernières apparitions publiques les premiers signes d’une stratégie tournée vers l’élection présidentielle.
Lundi 7 septembre au soir, à Paris, l’ancien chef de l’État était venu présenter son nouveau livre, Unir. Une rencontre littéraire en apparence classique, mais qui avait aussi des airs de test grandeur nature. Dans une petite librairie rapidement remplie, les lecteurs se sont succédé pour obtenir une dédicace et échanger quelques mots avec l’ancien président. L’ambiance semblait plutôt favorable à François Hollande. Certains visiteurs n’ont pas hésité à afficher leur admiration. Derrière les sourires et les signatures, une interrogation revient pourtant constamment : François Hollande a-t-il encore une place dans la présidentielle de 2027 ?
Radio Alfa a recueilli la parole de François Hollande lors de ses déclarations à la presse :
Le choix du titre de son ouvrage n’est d’ailleurs pas anodin. Avec Unir (publié aux éditions Robert Laffont), François Hollande place au centre de sa réflexion la question du rassemblement, alors que la gauche demeure divisée et que le paysage politique français continue de se recomposer. L’ancien président veut faire comprendre qu’il ne s’agit pas pour lui de ressortir les recettes de sa campagne de 2012. L’objectif affiché est de proposer autre chose, avec une approche davantage tournée vers le rassemblement.
François Hollande entretient toutefois soigneusement le flou sur ses intentions. Il a confirmé qu’il ne participerait pas à la primaire organisée par le Parti socialiste en octobre 2026, même s’il prévoit de prendre part au vote. Son calendrier est, pour l’instant, clairement posé : une décision est attendue en décembre. L’ancien président semble vouloir observer l’évolution du rapport de force avant de trancher. Il entend notamment voir si le candidat issu de la primaire est capable de créer une véritable dynamique au-delà du seul Parti socialiste.

Dans ce contexte, les séances de dédicaces prennent une dimension particulière. Elles ne constituent évidemment pas un sondage électoral. Mais elles permettent à François Hollande de retrouver directement le contact avec le public, d’observer les réactions et de vérifier si son nom suscite encore de l’intérêt au-delà de son cercle politique. C’est peut-être là tout l’enjeu de cette séquence : avant de demander aux Français de voter pour lui, François Hollande cherche d’abord à savoir s’ils ont encore envie de l’écouter.
Et si cette tournée littéraire était, finalement, le premier chapitre d’un retour présidentiel ?
Didier Caramalho