« À tire-d’aile » (saison 2, n°2) – De la fidélité chez les oiseaux – ALFA 10/13 et LPO

Frédéric Malher & Didier Caramalho
Frédéric Malher & Didier Caramalho

Chaque mois, l’ALFA 10/13 propose un rendez-vous consacré à l’ornithologie : « À tire-d’aile ». Animée par Frédéric Malher, délégué scientifique de la LPO Île-de-France, cette rubrique met en lumière, pour la deuxième saison consécutive, la richesse du monde des oiseaux et les actions menées par l’association.

Ce mois-ci dans « À tire-d’aile », Frédéric Malher nous parle de la fidélité chez les oiseaux. L’ornithologue met également un coup de projecteur sur la Perruche à collier :

 

Chez les oiseaux, le couple est la règle : près de 90 % des espèces sont monogames, un record dans le monde animal (contre moins de 10 % chez les mammifères). Pour la majorité des oiseaux, former un couple stable est avant tout un partenariat de survie. Couver les œufs, défendre le territoire et nourrir les poussins demande une énergie colossale. La coopération des deux parents est souvent indispensable pour mener la nichée à son terme.

Si les oiseaux partagent fidèlement le même nid, les analyses ADN ont révélé qu’ils s’autorisent de fréquentes incartades. On estime qu’environ 30 % des oisillons ne sont pas les juvéniles biologiques du mâle qui les élève. Ces accouplements hors-couple permettent aux mâles de maximiser leur descendance et aux femelles de garantir une meilleure diversité génétique pour leurs petits.

Enfin, la fidélité n’est pas toujours éternelle. Si une saison de reproduction échoue ou qu’un partenaire tarde à revenir de migration, beaucoup d’oiseaux « divorcent » pour trouver un nouveau compagnon, comme les Hirondelles ou les Flamands roses. D’autres, telle la Cigogne blanche, sont avant tout fidèles à leur nid : ils reviennent au même endroit chaque année et ne reforment un couple que si l’ancien partenaire y est déjà installé.

Didier Caramalho

« (…)

Ce matin vint une mésange
Voleter près de mon cheval
C’était peut-être un petit ange
Exilé dans le joli val
Où j’eus sa vision étrange

Ses yeux c’était tes jolis yeux
Son plumage ta chevelure
Son chant les mots mystérieux
Qu’à mes oreilles on susurre
Quand nous sommes bien seuls tous deux

Dans le vallon j’étais tout blême
D’avoir chevauché jusque-là
Le vent criait un long poème
Au soleil dans tout son éclat
Au bel oiseau j’ai dit Je t’aime »

Poèmes à Lou
(1947), Guillaume Apollinaire

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