Le Portugal redoutait cette décision, se refusait à y croire. Et pourtant : le Royaume-Uni a décidé le 3 juillet d’exclure son partenaire commercial historique de la liste des pays européens avec qui des ponts aériens (ou “couloirs touristiques”) seront mis en place à partir du 10 juillet. Une terrible nouvelle pour le Portugal, dont l’économie estivale dépend largement des touristes et des résidents britanniques (leur communauté, d’ailleurs, est celle qui a le plus fortement augmenté l’an passé sur le sol portugais parmi les populations immigrées).

Un manque à gagner énorme

Pour le Royaume-Uni, principal marché émetteur de touristes au Portugal, le pays n’est plus une destination sûre, à cause de la hausse des cas positifs au coronavirus constatée ces dernières semaines dans la banlieue lisboète. Le site Eco résume, concrètement, ce qu’implique cette décision :

Cela signifie que les Portugais qui se rendent en Angleterre ou les Anglais qui reviennent du Portugal devront observer une période de quarantaine de 14 jours à leur arrivée.”

Cette entrave à la circulation sera lourde de conséquences. Le manque à gagner pour l’Algarve, région du sud du Portugal et de prédilection des Britanniques, a été chiffré cette semaine par l’Office du tourisme à 3,3 milliards d’euros, rapporte le Correio da Manhã. Cette somme colossale correspond à ce qu’ont rapporté les seules nuitées des touristes britanniques (9,4 millions) l’an passé au Portugal.

“Absurde, injuste et très décevant”

Les dirigeants portugais encaissent le choc. “C’est absurde, injuste et très décevant”a réagi le ministre des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva, qui a rappelé que le Portugal, lui, n’imposait aucune quarantaine aux Britanniques, alors que la situation sanitaire était bien pire dans leur pays. Le Premier ministre Antonio Costa a d’ailleurs tweeté un graphique qui le prouve, avec ce commentaire : “Quel est l’endroit le plus sûr ?”

Le président de la République, de son côté, a évoqué “une leçon d’histoire”, celle qui unit les deux pays, partenaires commerciaux depuis des siècles. Marcelo Rebelo de Sousa a souligné qu’ils s’étaient toujours aidé quand l’un ou l’autre était au plus bas.

Vincent Barros